Réponse : Chère Sophie,
Vous êtes sensationnelle ! Vous avez mis le doigt sur quelque chose de primordial. Mon sentiment est que vos mots expriment ce que beaucoup d'autres jeunes pensent sans le dire ; et je suis sûr qu'ils vont vous remercier pour l'avoir dit si clairement. Puis-je espérer pouvoir répondre de façon à vous aider, vous et eux ?
Au départ, vous devez comprendre de quoi nous sommes faits. Nous sommes plus habitués au monde qui nous entoure, qu'aux choses spirituelles et au monde de l'esprit. A travers nos sens, nous voyons, nous entendons, nous ressentons, nous touchons, nous humons, nous conversons, nous nous réjouissons de toutes les choses qui vont et viennent autour de nous. Tout le reste nous paraît trop abstrait et pas vraiment réel. C'est ainsi, que lorsque tous nos amis vont voir tel ou tel film au cinéma et que nos parents nous disent que nous ne pouvons pas, nous ne comprenons pas; nous avons envie de faire comme tout le monde et nous amuser ensemble. Mais, pour peu que nous nous mettions à considérer ce qui est vrai ou faux, bien ou mal, honnête ou malhonnête, nous abordons alors une nouvelle dimension des réalités, et parfois cela nous amène à nous séparer, de ceux là mêmes que nous pensions être nos amis. A mesure que nous mûrissons sur le plan humain, nous accordons moins d'importance à nos sens, à nos sensations, et tout ce qui est droit et bon revêt plus d'importance dans notre vie.
Au-delà de tout le reste, notre foi nous conduit à des réalités toutes différentes et toutes nouvelles. En effet, si vous avez la foi vous savez que ce que vous recevez dans la communion eucharistique, ce n'est pas du pain mais bien le Corps du Christ, et quoique vous n'en ressentiez pas un goût différent, c'est différemment que vous le traitez, que vous l'adorez, en raison de ce qu'Il est : le Christ réellement présent. Notre foi nous dit la vérité de notre vie, le pourquoi de notre présence sur la terre, notre degré d'importance, comment le Christ nous a aimés. Mais le gros problème, en ce qui nous concerne, est que nous ne saurions obtenir la foi par le biais de nos seuls sens. Une glace au chocolat exercera toujours une attirance certaine sur nos sens, autre que celle de n'importe quel principe spirituel, aussi beau soit-il. Mais ces attirances ne se situent pas sur des plans comparables. C'est justement ainsi que Dieu nous a faits.
Revenons maintenant à votre question. Ce au milieu de quoi vous vous débattez, c'est la lutte que nous menons tous. Le laisser-aller, la mise en perspective de plaisirs immédiats ; nous réalisons qu'il doit y avoir une autre dimension du bonheur plus profonde que les attraits superficiels. Nous n'arrivons pas à imaginer qu'il y a plus et mieux que ce que nous voyons et ressentons dans le moment présent, alors que notre foi nous tient un langage différent. Et, ainsi nous ne trouvons plus de sens, de signification à rien. De sorte que je dirais que ce que vous vivez là, ce n'est pas en tant que tel un combat pour ou contre la vocation, mais un combat qui s'inscrit dans un chemin de maturation spirituelle ; ce chemin commence en mettant le Christ à la première place, en mettant en pratique le fait qu'Il est le seul qui peut nous donner le véritable bonheur.
Donc mon avis est qu'il ne faut pas vous focaliser trop sur la vocation. Lisez souvent l'Evangile et dites au Christ que vous désirez le connaître et l'aimer. Demandez cette grâce. Elle est au centre de notre foi et le seul vrai problème que nous ayons à résoudre. Tout le reste viendra de lui-même une fois que vous aurez commencé à vous attacher à la connaissance et à l'amour du Christ.
Ecrivez-moi à nouveau, si vous avez des questions supplémentaires. Dieu vous bénisse.
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