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Maintenant, tout commence !
Raphaël Bavière, 18 ans, MASLIVES

« L'essentiel c'est que tu sois heureux. » Voilà à peu près ce que répondent la plupart des personnes quand, au milieu d'une conversation, alors qu'ils me demandent quel type détudes je fais, ils apprennent, stupéfaits, que je suis séminariste. Oui, je suis heureux en suivant ma vocation ! Mais que s'est-il passé pour que Dieu m'ait fait prendre ce chemin si peu commun aujourd'hui qu'est le sacerdoce ?

 

J'ai souvent l'impression d'avoir toujours voulu devenir prêtre, depuis tout petit. En effet, jai grandi depuis ma naissance dans une ambiance chrétienne. Mon désir de devenir prêtre est sûrement venu quand j'étais enfant car mes parents fréquentaient différentes congrégations, et j'ai donc souvent eu l'occasion d'être en contact avec des personnes consacrées. Parmi tous les exemples de prêtres que j'ai pu recevoir, deux me touchèrent  particulièrement : celui d'un vieux prêtre polonais de la Fraternité Monastique de Jérusalem qui mourut durant ces années et celui de mon aumônier louveteau. Ces divers exemples firent que, à l'âge où comme tous les enfants, je rêvais d'être pompier ou policier, j'eu aussi toujours cette idée, souvent vague mais chaque fois un peu plus précise, de devenir prêtre.

 

 

Cette vague idée se transforma en véritable appel quand des amis invitèrent un jour toute la famille à un dîner, pour nous présenter deux Légionnaires du Christ. Je vis ce soir là arriver deux séminaristes bien jeunes avec un curieux accent espagnol. Ils nous montrèrent des photos de l'Ecole apostolique qui avait été fondée quelques années plus tôt, nous expliquant qu'elle accueillait des enfants qui désiraient devenir prêtres. Pour moi ce fut le déclic « Cette école, cest pour moi !» Ma mère me dit quelques années plus tard qu'elle était allée à ce dîner en pensant que les camps que proposait cette congrégation auraient pu intéresser l'un de mes grands frères... Visiblement mes parents n'avaient pas pensé que c'est moi qui aurait été le plus intéresse...

 

Quinze jours plus tard, j'annonçai à ma mère mon désir de rentrer à l'école apostolique. Elle resta très ouverte à ma demande et me dit qu'elle en parlerait à mon père. Deux semaines plus tard, mon père me dit qu'il s'était mis d'accord avec le directeur de l'Ecole apostolique pour y aller durant une journée afin que celui-ci puisse nous la présenter. Cest ainsi que, en Juillet 1998, je franchi pour la première fois le portail de l'Ecole apostolique. Ma première réaction en rentrant dans la salle de jeu où les apostoliques (nom donné aux collégiens, NDLR) se divertissaient fut de penser : « Ils sont vraiment différents! » En effet, à peine arrivé dans la salle, deux élèves vinrent me voir, me saluèrent, me demandèrent mon nom et m'invitèrent immédiatement à faire un match de ping-pong avec eux. A peine avais-je terminé mon premier match qu'un autre apostolique m'invitait à une partie de baby-foot ! Durant toute la journée je fus frappé de l'ambiance de joie et de charité qui régnait entre les élèves, le respect et la confiance qu'il y avait envers les formateurs et tant d'autres choses. J'étais conquis ; je savais que c'était dans cette école que je pourrai répondre à cet appel qui, un soir, s'était fait entendre dans mon coeur.

 

A la rentrée de cette année-là je du changer d'école car les classes de primaire de mon école avaient fermé. Je me retrouvai parachuté dans une classe avec une grande majorité de filles, sans mes anciens camarades. Ce fut donc une année assez difficile. Heureusement, j'eus tout de même l'occasion de participer à un camp à l'Ecole Apostolique durant la Toussaint et à un pèlerinage à Rome organisé par les Légionnaires du Christ durant les vacances de Noël. Cela me remonta le moral.

 

            Après une année comme celle-là, j'étais devenu plus renfermé et, mon tempérament n'aidant point, plus agressif. C'est donc avec cet état d'esprit que je commençai le collège. J'étais de nouveau dans mon ancienne école avec mes camarades mais quelque chose avait changé : Je voyais un gouffre se créer entre l'ambiance chrétienne de ma famille et ce que je vivais tous les jours à l'école. Mes amis prenaient un autre chemin et moi je commençai à le suivre avec eux. Vu mon jeune âge (j'avais sauté une classe quelques années auparavant) mes parents avaient décidé que je pourrais rentrer à l'école apostolique quand je commencerais le lycée. Pour un enfant qui commençait à peine le collège, l'attente promettait d'être longue ! J'ai donc peu à peu mis en veilleuse cette vocation qui devenait pourtant de plus en plus forte dans mon coeur. A la fin de la 6e mes notes commencèrent à chuter et je commençais à avoir quelques problèmes avec certains jeunes de mon école vu que « quand on fait un mètre cinquante on ferait mieux de se taire ! » ce que précisément je ne faisais pas. Je commençais à être tiraillé entre ce que je vivais entre l'école, la famille et la vocation.

 

            Après deux années qui avaient déjà été assez difficiles la situation empira. Je voulais toujours entrer à l'Ecole Apostolique mais, ne pouvant pas, je commençai à décrocher complètement. Cette année-là, soit par hasard soit à cause d'une curieuse initiative  pédagogique, tous les adolescents « à problèmes » avaient été regroupés dans ma classe. Un exemple de l'ambiance qui y régnait fut quand un des élèves s'énerva un jour parce qu'on lui avait volé son couteau à cran d'arrêt ! Je ne faisais plus rien en classe, mes notes chutèrent et mes parents ne savaient plus quoi faire. A la fin de cette année, un pourcentage assez conséquent de la classe redoubla, dont beaucoup de mes amis. Quand à moi, alors que je devais redoubler, je ne sais pour quelle raison, mes  professeurs décidèrent de me faire passer dans la classe suivante. Pour ce qui était de l'Ecole Apostolique, depuis deux ans je n'y avais pas mis les pieds.

 

            Durant les grandes vacances de cette année-là, mes parents m'emmenèrent avec l'un de mes frères et ma petite soeur au Jubilé des familles au Puy en Velay. Là-bas, les Légionnaires du Christ s'occupaient de l'encadrement des jeunes. L'appel en moi revint soudainement et très intensément ; je pris alors mon courage à deux mains et demandai une nouvelle fois à mes parents de me permettre de rentrer à l'Ecole Apostolique et, toujours ouverts, ils me rappelèrent qu'ils me laisseraient y rentrer au début du lycée. Mais Dieu en avait décidé autrement.

 

            Cette année là en effet, la rentrée fut la pire de toutes. Beaucoup d'amis avaient redoublé et ceux qui restaient avait évolué dans une mauvaise direction. Je peux dire que je fis de tout durant cette année. Etant donné que j'avais arrêté de travailler, mes notes descendirent en chute libre et mes pauvres parents en souffrirent pas mal. J'étais de plus en plus renfermé et agressif. A un certain moment de l'année, mes parents voyant que la situation ne pouvait continuer ainsi, me permirent de rentrer l'année suivante à l'Ecole Apostolique. Le reste ne fut qu'une question dattente

 

            Fin Juin 2001 je claquai la porte de mon école et, sans me retourner, je rentrai avec une grande joie à l'École Apostolique en pensant : « Enfin ! Maintenant tout commence ! » A la fin du mois de Juillet je reçu l'uniforme d'apostolique que javais désiré depuis si longtemps. Depuis, cinq années se sont passées dans ma vie. Je peux vraiment dire que cette École a sauvé non seulement ma vocation, mais aussi mes études, et en fin de compte, ma vie.

 

Mes parents ont toujours soutenu ma vocation et vécurent ces années avec un grand esprit de foi et de confiance. Avec l'aide du Père Bruce Wren, LC notre recteur, je poursuivi mon chemin vers la vie consacrée, tout en discernant chaque fois mieux l'appel de Jésus dans mon coeur. Enfin, avec plus de maturité, je décidai de faire un pas décisif en faisant ma prise d'habit le 16 Septembre 2006, le lendemain de la fête de Notre Dame des douleurs, de l'anniversaire de ma petite sur, « grâce à qui tout commença » et de l'anniversaire de mariage de mes parents.

 

Raphaël.

 

 

 

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