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Dieu est pressé, parce qu'il est bon!
Céline Cochin, 35 ans, ANJOU

Dieu m'a confié le merveilleux don de ma vocation parce qu'il est bon. Il me fait sentir qu'il est pressé parce qu'il y a tant d'âmes à sauver et à rapprocher de son coeur.

Je suis la plus jeune d'une famille de sept enfants. Je me suis toujours senti très aimée dans ma famille. Ceci m'a aidé dans ma relation avec Dieu car j'ai appris ainsi à Le laisser m'aimer. J'aime dire que je viens d'une petite ville perdue en Anjou nommée Chazé-Henry, dans le Nord-Est de la France. Il ne s'y passe jamais rien de spécial et j'y ai néanmoins vécu très heureuse. Ma famille avait une foi simple et authentique qui s'exprimait par la charité et un vrai sens de l'humour. Mes parents m'ont appris à prier quand j'étais toute petite. Jai pris l'habitude de m'endormir parmi les livres de récits de saints et d'écrits du Saint Père. Au début, je voulais être carmélite comme Sainte Thérèse de Lisieux, mais plus tard l'idée de devenir missionnaire en Chine m'attira.

Céline est actuellement directrice
des études à lAcadémie du
Chatelard en Suisse
En dehors de ma famille, et particulièrement à l'école, je savais que malheureusement je ne pouvais pas faire confiance en ce que les grandes personnes pouvaient me dire ou m'enseigner au sujet de la foi . Mes parents étaient les seules personnes sûres et javais une totale confiance en eux. C'est vers eux que je me tournais pour les interroger quand j'avais des doutes ou des questions.

J'ai ressenti le premier appel de Dieu quand j'avais 17 ans. Cétait à la messe de clôture d'un congrès catholique à Paris. J'y avais été invité par mon frère aîné et sa femme. Ce fut un moment très simple et qui ne me surprit pas tant que cela, car mon éducation avait préparé dans mon coeur la graine de la vocation.

Sur le chemin de retour chez moi, j'ai fermé les yeux et essayé de méditer sur la signification de cet appel. Et arrivé devant chez moi j'ai fait une promesse au Christ : je te donnerai ma vie. Et pour concrétiser ma décision, j'écrivis cette promesse dans mon carnet personnel et j'ai ajouté ma signature ; mais cela resta un secret entre lui et moi. Ma vie continua de se dérouler normalement ; heureuse et sûre que j'étais que Dieu me montrerait plus tard le comment et le où ...

Plusieurs mois plus tard, le moment vint de choisir une orientation professionnelle. A ma grande surprise, la plupart de mes amies choisirent des études qui nétaient pas liées à ce quelle voulaient faire plus tard. Mais moi mes plans étaient faits : jirai à Paris étudier la philosophie pour apprendre de Saint Thomas comment mapprocher plus de Dieu et enrichir ma foi.

A luniversité, jai découvert deux mondes qui étaient très nouveaux pour moi : Saint Thomas, avec sa doctrine si claire et si profonde, et les divisions à lintérieur de lEglise, avec des critiques que je navais jamais soupçonnées et qui me blessèrent. En même temps, jai ressenti fortement le besoin de mengager et daider à unifier lEglise.

Jai découvert assez vite que deux de mes compagnes duniversité étaient membres de Regnum Christi. Dès les premières rencontres avec elles, jai été attiré par leur joie et leur enthousiasme et particulièrement par leur charité universelle et leur zèle apostolique. Je voulais être une catholique comme elles. Mais en même temps je ne voulais mengager dans aucun mouvement pour rester « universel ».

Nous sommes devenues de bonnes amies. Un jour, lune dentre elle me donna à lire « Message » qui venait dêtre traduit en français. Il sagissait dun recueil de lettres écrites par le fondateur de Regnum Christi. Jai accepté de le lire parce quelle me lavait offert, mais il était clair dans mon esprit que jamais je ne rejoindrai leur Mouvement.

Ce soir là, jai décidé douvrir le livre et de le lire. Je lai lu tout entier cette nuit là, car je nai jamais pu le fermer. A travers les mots du Père Marcial Maciel, L.C., javais découvert comment je voulais vivre ma foi. Javais toujours compris que tous les chrétiens sont appelés à la sainteté mais ces lettres mont apprises que non seulement nous sommes appelés à être des saints mais aussi à être des apôtres. Dieu ma amené à comprendre que pour faire partie de lEglise Universelle, javais besoin de mengager d aimer et de construire lEglise.

Le lendemain, je suis allé voir mon amie et lui ai dit que je voulais entrer dans le mouvement Regnum Christi et je lui ai demandé ce que je devais faire pour que cela se passe le plus vite possible. Et en effet je suis devenu membre de Regnum Christi.

Devenir membre ma aidé à avoir une vie sacramentelle plus riche, particulièrement la confession et lEucharistie. Je savais que Jésus était toujours là à attendre que je lui rende visite. Il est vite devenu mon meilleur ami. Nous nétions pas très nombreuses en France dans le mouvement à lépoque. Nous ne savions pas grand chose du fondateur ou des apostolats que nous pouvions faire, nous étions néanmoins très enthousiastes. Nous étions convaincues que nous allions transformer le monde pour le Christ.

Lors de ma dernière année duniversité, un de mes amis sest consacré à Dieu dans Regnum Christi et une autre devint « collaboratrice » ; ce qui consiste à aller travailler un an comme volontaire pour le mouvement. Je décidais daller étudier encore un an à la Sorbonne pour finir mon diplôme, avant de donner, moi aussi, un an de ma vie comme collaboratrice.

A la Sorbonne, Dieu ma ouvert les yeux sur le monde réel, ses besoins et sur lurgence de la mission. Jai rencontré beaucoup de personnes talentueuses et généreuses, mais elles ne semblaient pas très heureuses et de ce fait il leur manquait quelque chose. En étudiant la philosophie on rencontre des personnes très différentes ; certaines cherchent sincèrement le sens de leurs vies, et dautres font exactement linverse. Jai aussi rencontré beaucoup dhomosexuels et il y avait une forte pression à considérer cela comme naturel. Un étudiant sest suicidé et beaucoup dautres ne savaient pas pourquoi ils vivaient et navaient aucune idée de ce quest le bonheur... Une caractéristique était commune à tous : ils ne connaissaient pas le Seigneur. Comment pouvais-je rester assise là à ne rien faire alors quil y avait tant de souffrance dans le monde ? Que pouvais-je faire pour eux ?

Ayant fini mes études, jai décidé de devenir collaboratrice. Lors du cours de présentation et de formation qui se tenait à Rome, je me suis souvenu de ma promesse à Dieu, faite des années plus tôt et jai pris peur. Alors jai commencé à me justifier, « Dieu nous a fait libre, je pouvais donc dire non, si je voulais ». Ce fut une grande tentation. Je souhaitais soudain dire non à Dieu croyant tout dun coup quil ne pouvait me rendre heureuse ; il pouvait me rendre heureuse, mais pas suffisamment pour que je lui donne ma vie.

Le cours arrivait à sa fin, et je ne savais toujours pas quoi faire. Jai pensé que la meilleure chose à faire était de partir et de disparaître sans dire quoi que ce soit à qui que ce soit. Mais Dieu savait ce quil voulait. Jai manqué mon avion et il ny avait plus de places pour plusieurs jours. Personne de ma famille était à la maison ; jai décidé de rester à Rome et de me calmer un peu. Un peu après jai décidé de dire « oui » à Dieu, mais seulement pour une année.

Je fus envoyée comme collaboratrice à Paris. Cétait excitant de voir comment Dieu travaillait à travers le mouvement en France. Petit à petit, je me suis ouverte à la grâce de Dieu et il a conquis progressivement mon cur avec son amour, respectant ma liberté et me montrant en même temps à quel point il était pressé. Deux mois plus tard, jai expérimenté une nouvelle fois le désir de me consacrer totalement à Dieu. Jétais tombée amoureuse de Lui et jétais heureuse. Jai dit oui.

Mes parents ne connaissaient ni les légionnaires du Christ, ni le mouvement Regnum Christi mais ils ont soutenu ma décision parce quils ont vu quil sagissait de travailler pour Dieu, que nous étions fidèles au Saint Père et quil y avait un vrai esprit de charité parmi nous. Leur soutien généreux, leurs prières et leurs sacrifices furent dune grande aide pour ma persévérance quotidienne. Bien que ce soit difficile pour lui de le dire, mon père ma dit que javais choisi la meilleure part.

Dieu ma confié le merveilleux don de ma vocation parce quil est bon. Il ma fait comprendre quil est pressé parce quil y a tant dâmes à sauver et à rapprocher de son cur.

Céline Cochin est né en Anjou dans le Nord-Est de la France. Elle a obtenu un doctorat de philosophie à lUniversité de la Sorbonne. Elle a également fait ses humanité classiques et sa théologie au « Center of International Educators » à Madrid où elle a également enseigné la philosophie. Elle est actuellement directrice des études à lAcadémie du Châtelard en Suisse.

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