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Accueil / Témoignages: prêtres, séminaristes, moines, religieuses, consacré(e)s... / Hommes / Séminaristes
Quand j'étais petit je me souviens d'avoir joué plusieurs fois à la Messe, cependant l'idée d'être prêtre ne m'était jamais sérieusement passée par Entre cinq et douze ans, mes plans changèrent beaucoup: Chauffeur de car, pilote d'avion, et enfin avocat constituaient mes projets, très sérieux bien sûr...Cependant, bien vite le Seigneur devait venir prendre possession de moi. Peu à peu, au moyen de l'éducation catholique que me transmettait ma mère, ainsi que par la présence de Je suis le petit dernier d'une famille de cinq enfants. Petit dernier, car il y a neuf ans et demi de différence entre le peloton de mes frères et soeurs, et moi. Et bien que j'eusse un peu l'habitude de déranger mes soeurs pendant qu'elles étudiaient, pour divers motifs, nous formions une très bonne équipe! Je ne peux pas manquer de parler de À la fin de ma sixième, une amie de ma mère lui proposa de m'envoyer pendant l'été participer à un camp en Allemagne qu'elle organisait et qui serait encadré par des pères « Légionnaires du Christ ». Je crois que le nom fit un peu sursauter mes parents, mais cependant comme il s'agissait, selon la description qu'ils entendirent, de jeunes prêtres sérieux, ils lui proposèrent l'idée. Peu après, lors d'une de ces belles journées du mois d'août, je me retrouvais sur une autoroute allemande avec mes parents en direction de Roetgen, petit village allemand proche de la frontière belge. Le camps passa très vite et fut l'un des plus beaux souvenirs de mon enfance, j'y étais comme un poisson dans l'eau. Je me souviens que nous avions une grande quantité d'activités de toutes sortes : la journée commençait toujours par la messe, et se déroulait entre le jeu, quelques cours d'allemand, des promenades et des visites fantastiques : Parque dattraction, karting, Cologne, Hollande, etc tout cela dans une ambiance d'amitié et de joie qui coloraient joyeusement ces dix jours merveilleux. L'année de ma cinquième, qui en Belgique marque le début du collège, fut une année qui marqua un chapitre très important de ma vie. La mauvaise ambiance du collège « catholique » où je me trouvais, ne manqua pas de m'affecter. En effet, la situation morale de mes compagnons était plutôt désastreuse, je me souviens par exemple qu'une fille du Lycée se suicida car elle était tombée enceinte. Un autre jour, on me proposa de Cette ambiance faisait contraste avec celle de la petite école primaire de garçons de mon village et avec l'éducation religieuse que ma mère m'avait donnée. Et en peu de temps je tombai dans le piège d'une vie très superficielle. Mon travail, ou mieux, mon absence de travail exaspérait mes professeurs, à tel point que mon professeur principal dit un jour à ma mère que dans toute sa carrière, il n'avait jamais vu un élève aussi mauvais. (Heureusement qu'il navait qu'une quarantaine dannées !) Cette année-là, au mois d'avril, je fus de nouveau invité à un camps avec les légionnaires, toujours en Allemagne, mais cette fois-ci au noviciat de Bad-Münstereifel. Ce camp eut lieu pendant les vacances de Pâques. À vrai dire, je ne me souviens plus de nos activités, cependant une chose me resta gravée dans la mémoire : cette vingtaine de jeunes novices qui donnaient toute leur vie pour Jésus. Le dernier jour du camp, alors que tout le monde était déjà couché, je m'attardai un peu dans la petite chapelle du deuxième étage après les prières du soir. Et ce que je ressentis en ces lieux est bien difficile à exprimer avec des simples mots. C'était une immense joie et paix intérieure qui m'envahissaient, et en moi-même je sentais très fortement Jésus qui mappelait à le suivre comme les jeunes novices qui se trouvaient là. J'ai confié mon secret à un père légionnaire, et il me parla de l'existence d'une école qui venait de s'ouvrir en France pour les garçons qui voulaient devenir prêtres. L'idée d'aller la visiter m'enthousiasma tout de suite, cependant, il fallait en parler avec mes parents. Le jour « j » de la visite à l'École Apostolique de Méry sur Marne arriva enfin. Ce fut un vendredi soir, tard dans la nuit, que Nous fûmes accueillis par le recteur de l'école : le père Fergus O Caroll, qui me parut tout de suite d'une grande bonté : la première chose quil nous proposa après nous avoir salué fut un excellent goûter ! Ce petit séjour à l'école apostolique fut pour moi comme un avant-goût du paradis ! Ce qui m'impressionna tout de suite dans ce petit groupe de quinze adolescents, c'était l'ambiance de charité qui régnait : pas une critique, pas de commentaires grossiers, pas de plainte, toujours la joie et la bonne humeur. Tous ces garçons, je ne les connaissais que depuis deux jours et ils agissaient envers moi comme si nous étions les meilleurs amis du monde ! Devenir un "apostolique" devint alors presque mon idéal de vie, je désirais réellement répondre OUI à cet appel de Jésus ; à l'école apostolique je me sentais vraiment « comme chez-moi ! L'attente du mois de juillet ne fut pas longue, et le camp de discernement de l'été arrivait déjà... Le 2 juillet, tout était prêt : l'autorisation de mes parents, nouvelles chaussures, chemises, bref, il me fallait être bien équipé, car j'allais être pour la première fois de ma vie, loin de ma famille pendant un mois entier. Quelle aventure! Le camp de juillet débuta dans une grande ambiance de charité et de joie, de pouvoir enfin me trouver définitivement à Méry. Les journées du camps étaient bien remplies : nous avions le matin la Messe, la méditation dirigée, des classes d'éloquence et d'espagnol... L'après-midi était consacré aux jeux, promenades, visites, concours en équipe, et bien-sûr le chapelet et les prières du soir. Maintenant, quelques années plus tard, je me rends compte combien je dois dire merci au Seigneur pour tant de grâces reçues, pour la vocation qu'il a voulu me donner, et pour avoir toujours été présent dans ma vie. Je me rends compte que jamais je ne pourrai suffisamment remercier ma famille, mon père et spécialement ma mère : le 31 juillet 1997, maman vint me chercher à la gare de Bruxelles. Sa décision de me laisser entrer à l'école apostolique n'était pas encore prise, elle avait perdu son mari depuis peu (mon père en effet est mort cette année là), et elle ne connaissait pas encore très bien ces « Légionnaires du Christ ». Mes frères et soeurs avaient déjà "quitté le nid familial" à cause des études, donc il ne restait plus que moi dans la maison, le petit dernier de treize ans à peine passés, insouciant et heureux comme un poisson dans l'eau dans cette école de Seine et Marne. Cest justement pour me voir si heureux que maman me laissa partir de la maison paternelle malgré toutes les objections qui étaient présentes dans son coeur. Jai passé six ans à l'école apostolique, et je crois sincèrement que ces années ont été les plus belles de ma vie. Le Seigneur prend vraiment bien soin de ces jeunes garçons qui désirent lui donner leur vie, n'a t-il pas dit lui-même : « Laissez venir à moi les petits enfants » ? |
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