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J'ai compris que les renoncements sont aussi la source de nombreuses joies et d'un bonheur profond !
Dominique Fornerod, 23 ans, VALENCE (DRÔME)

L'histoire de ma vocation commence évidemment le jour de ma naissance. Je suis né dans une famille catholique très pratiquante. Dès les premiers instants de ma vie mes parents ont eu le souci de m'initier à la vie spirituelle. A peine eu-je prononcer mes premiers mots qu'ils m'apprenaient à prier, à entrer en relation avec le Dieu vivant. Très tôt ils m'ont appris à désirer ce qu'il y a de plus grand, ce qu'il y a de plus beau, à désirer l'amour de Dieu. Ma scolarité se déroula plus ou moins normalement.

 

Arrivé au Lycée je me suis passionné  pour la politique. Je voulais contribuer à changer le monde, je voulais le rendre plus juste, plus vrai. Durant ces années je me suis souvent posé la question de la vocation sacerdotale. Je sentais que Dieu voulait que je lui consacre ma vie. Mais je n'étais pas prêt à le faire tout de suite, je me disais : « plus tard, je verrai plus tard ». Après avoir passé le Bac série économique et social j'ai donc entamé une formation d'histoire à l'université Lyon III. Je logeais dans un foyer d'étudiants tenu par la communauté du chemin-neuf. Ma vie d'étudiant, qui ne dura qu'une année, fut pour moi l'occasion de faire et de découvrir de nombreuses choses, mais finalement, de très peu étudier. J'étais pris par mes engagements politiques et par les charmes d'une première année d'indépendance vis-à-vis des parents. Cependant ce fut une année où ma foi s'est consolidée et affermie.

 

Les résultats des examens ne me permirent pas de passer en deuxième année. Je ne voulus pas redoubler, la faculté d'histoire m'ennuyait, je voulais faire autre chose. Je ne savais pas vraiment quoi. Je pensais encore à la vocation sacerdotale mais « j'aimais trop la vie pour cela », les renoncements qu'impliquait une telle vocation me semblaient insurmontables.

 

C'est alors qu'on me proposa de partir pour les vacances au Chili, dans un « Foyer de charité ». L'expérience me tenta d'autant plus que cela me permettait, par la même occasion, d'apprendre l'espagnol. A la fin des vacances le prêtre responsable de ce « foyer » m'invita à prolonger l'expérience une année entière. J'ai accepté. J'ai donc passé un an au Chili, travaillant dans la construction de bâtiments, dans l'imprimerie, au service du foyer de Charité. Cette année m'a permis de prendre du recul sur ma vie. Par le témoignage du prêtre et des membres de la communauté dans laquelle je vivais, j'ai compris que les renoncements qu'implique la consécration de sa vie à Dieu sont aussi la source de nombreuses joies et d'un bonheur profond.

 

J'ai donc décidé de rentrer au séminaire pour le diocèse dans lequel j'ai grandi : celui de Valence dans la Drôme.

 

Cela fait maintenant plus de trois ans que je suis séminariste, et je vois l'ordination s'approcher de plus en plus vite. Souvent la réalité de notre Eglise diocésaine, en France, me parait laide et difficile. Le prêtre est seul, trop chargé, dans un monde qui ne le reconnait plus. De plus, dans l'Eglise même, beaucoup ne savent plus qui est le prêtre, quel est son rôle.

Mais, malgré les difficultés nombreuses, l'amour de Dieu me comble chaque jour de joie. Et j'attends avec impatience ce jour où je monterai les marches de l'autel du Christ afin d'offrir à Dieu le sacrifice de son Fils qui a souffert et qui est mort par amour pour chacun d'entre nous. Et j'attends avec impatience ce jour où je pourrai transmettre à tous ceux qui le désirent le pardon d'un Dieu qui nous aime à la folie. Le prêtre, c'est celui qui transmet au monde l'amour de Dieu. C'est celui qui aime les gens pour leur montrer que Dieu les aime d'un amour encore plus grand. Je prie donc Dieu pour qu'il me donne la grâce d'être toujours fidèle, et pour qu'il me donne la grâce d'aimer toujours.

 

Dominique est maintenant en 1ère année de second cycle, c'est à dire de théologie, au séminaire Saint Irénée de Lyon.

 

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