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Textes de Jean-Paul II sur la vocation
A l'occasion de la béatification de Jean-Paul II, une sélection exceptionnelle de paroles du Pape polonais sur la vocation.

 

Dans les recoins cachés du coeur humain la grâce d'une vocation prend la forme d'un dialogue. Un dialogue entre le Christ et l'individu, à qui une invitation personnelle est offerte. Jésus appelle la personne par son nom et dit: "Viens, suis-moi". Cet appel, cette mystérieuse voix intérieure de Jésus, peut être écouté de la façon la plus claire dans le silence et dans la prière. L'accepter est un acte de foi.
Une vocation est un signe d'amour et une invitation à l'amour. Dans le récit biblique de la conversation de Jésus avec le jeune homme, il est dit que: "Jésus, le regarda et l'aima" (Marc 10, 21). L'appel du Seigneur appelle toujours un choix, une décision dans la pleine conscience de la propre liberté. La décision de dire "oui" à l'appel du Christ implique beaucoup d'importantes conséquences: la nécessité de renoncer à d'autres projets, la disponibilité pour laisser des personnes chères, être prêt à commencer, avec une profonde confiance, le chemin qui amènera à une union toujours plus étroite avec le Christ.
La réponse d'amour à une vocation est bien exprimé par l'auteur du psaume quand il déclare:
Je dis à Yahweh: " Tu es mon Seigneur, toi seul es mon bien. "
Yahweh est la part de mon héritage et de ma coupe, c'est toi qui m'assures mon lot.
Tu m'apprendras le chemin de la vie, devant ta face plénitude de joie, en ta droite délices éternelles.
(Psaume 16, 2.5.11)

Extrait de l'Homélie du 10 février 1986

 

N'hésitez pas à répondre à l'appel du Seigneur! Du passage su livre de l'Exode lu pendant cette Messe nous pouvons apprendre à voir comment le Seigneur agit dans chaque vocation (cf. Exode 3, 1-6; 9-12). En premier lieu, Il fait naître une nouvelle conscience de sa présence - le buisson ardent. Lorsque nous commençons à montrer de l'intérêt, Il nous appelle par notre nom. Quand notre réponse devient plus précise, et que, comme Moïse, nous répondons: "Me voici" (cf. Exode 3, 4), Il se révèle plus clairement, lui-même et son amour miséricordieux pour son peuple dans le besoin. Graduellement il nous fait découvrir la manière pratique de le servir: "Moi je vous enverrai". C'est justement ici que nous dépassons les peurs et les doutes qui nous  troublent et qui font que la décision soit plus difficile. C'est alors que nous avons besoin de nous sentir rassurer par le Seigneur: "Moi je serai avec toi" (Exode 3, 12). Je dis ces paroles avec une conviction personnelle. Cela a été très important pour moi de les entendre. "Je serai avec toi. N'ai pas peur". Chaque vocation est une profonde expérience personnelle de la vérité de ses paroles: "Je serai avec toi".

Extrait de l'Homélie du 13 janvier 1995

 

Dans la première lecture d'aujourd'hui , le Seigneur dit au prophète Jérémie que sa vocation faisait partie du dessin éternel de Dieu avant même qu'il soit né:
"La parole de Dieu me fut adressée: Avant de te former dans le sein de ta mère je te connaissais; avant que tu ne sortes à la lumière, je t'avais consacré, je t'ai établi prophète des nations" (Jérémie 1, 4-5).
Ces paroles nous rappellent que chaque personne a une place dans le  projet de Dieu et que chacun de nous devrait écouter attentivement la voix de Dieu dans la prière pour découvrir l'appel spécial que nous avons reçu dans le Christ.
Et avec beaucoup d'autres manières nous apprenons à connaître la volonté de Dieu: à travers les événements importants de notre vie, à travers l'exemple et la sagesse des autres, et à travers le jugement qui revient à l'Eglise.

Extrait de l'Homélie du 2 septembre 1990

 

Le projet de vie et la vocation chrétienne

9. Ces paroles de l'Evangile concernent assurément la vocation sacerdotale ou religieuse; en même temps, cependant, elles nous permettent de comprendre plus profondément le problème de la vocation en un sens encore plus large et plus fondamental.

On pourrait parler ici de la vocation «pour la vie», qui d'une certaine manière s'identifie avec le projet de vie que chacun de vous conçoit au temps de sa jeunesse. Toutefois, la «vocation» dit encore quelque chose de plus que le «projet». Dans le second cas, je suis moi-même le sujet qui conçoit ce projet, et ceci correspond mieux à la réalité de la personne qu'est chacune de vous et chacun de vous. Ce «projet» devient la «vocation» lorsque se font entendre les divers facteurs qui appellent. Ces facteurs constituent d'habitude un certain ordre de valeurs (qu'on appelle aussi «hiérarchie des valeurs»), dont résulte un idéal à réaliser qui attire le coeur d'un jeune. Dans ce processus, la «vocation» devient «projet», et le projet commence aussi à être une vocation.

Cependant, du moment que nous nous trouvons face au Christ et que nous prenons pour base de notre réflexion sur la jeunesse son dialogue avec le jeune homme, il convient de préciser mieux encore ce rapport du «projet de vie» à la «vocation pour la vie». L'homme est une créature et il est également un fils adoptif de Dieu dans le Christ: il est fils de Dieu. La question: «Que dois-je faire?», l'homme la pose alors pendant sa jeunesse non seulement à lui-même et aux autres hommes dont il peut attendre une réponse, particulièrement ses parents et ses éducateurs, mais il la pose aussi à Dieu, car il est son créateur et son père. Il la pose dans cet espace intérieur particulier où il a appris à être en relation intime avec Dieu, avant tout dans la prière. Il demande donc à Dieu: «Que dois-je faire?», quel est ton plan sur ma vie, ton plan de créateur et de père? Quelle est ta volonté? Je désire l'accomplir.

Dans un tel contexte le «projet» prend le sens d'une «vocation pour la vie», comme quelque chose qui est confié par Dieu à l'homme comme une tâche. Une personne jeune, rentrant en soi et aussi menant un dialogue avec le Christ dans la prière, désire pour ainsi dire lire la pensée éternelle qui est celle de Dieu, Créateur et Père, à son égard. Elle se convainc alors que la tâche qui lui est assignée par Dieu est laissée entièrement à sa liberté, et qu'elle est déterminée en même temps par diverses circonstances de nature intérieure et extérieure. En y réfléchissant, la personne jeune, garçon ou fille, construit son projet de vie et en même temps, reconnaît ce projet comme la vocation à laquelle Dieu l'appelle.

Je voudrais donc vous confier, à vous tous les jeunes qui êtes les destinataires de la présente lettre, cette tâche merveilleuse qui consiste à découvrir, devant Dieu, la vocation pour la vie de chacun de vous. Et c'est un travail passionnant. C'est une tâche personnelle fascinante. En accomplissant cette tâche, vous développez et vous faites croître votre humanité, tandis que votre jeune personnalité acquiert peu à peu sa maturité. Vous vous enracinez en ce qu'est chacun et chacune de vous, pour devenir ce quil doit devenir: pour soi, pour les hommes, pour Dieu.

Et parallèlement au processus de découverte de sa propre «vocation pour la vie», on devrait développer la prise de conscience de la façon dont cette vocation pour la vie est, en même temps, une «vocation chrétienne».

Il faut remarquer ici que, dans la période antérieure au Concile Vatican II, le concept de «vocation» était appliqué avant tout au sacerdoce et à la vie religieuse, comme si le Christ n'avait prononcé son «suis-moi» à l'intention des jeunes que dans ces cas. Le Concile a élargi cette perspective. La vocation sacerdotale et religieuse a gardé son caractère particulier et son importance pour la vie sacramentelle et les charismes dans la vie du Peuple de Dieu. En même temps, cependant, la conscience, renouvelée par Vatican II, de la participation universelle de tous les baptisés à la triple mission du Christ (tria munera), prophétique, sacerdotale et royale, comme aussi la conscience de la vocation universelle à la sainteté, ont pour conséquence que toute vocation pour la vie de l'homme en tant que vocation chrétienne correspond à l'appel évangélique. Le «suis-moi» du Christ se fait entendre sur diverses routes, au long desquelles cheminent les disciples et ceux qui confessent le divin Rédempteur. C'est de diverses manières que l'on peut devenir imitateur du Christ, c'est-à-dire non seulement en donnant un témoignage du Règne eschatologique de vérité et d'amour, mais aussi en s'employant à réaliser la transformation de toute la réalité temporelle selon lesprit de l'Evangile. Et c'est là que l'apostolat des laïcs trouve aussi son point de départ, lui qui est inséparable de l'essence même de la vocation chrétienne.

Ce sont là des prémisses extrêmement importantes pour le projet de vie qui correspond au dynamisme essentiel de votre jeunesse. Il faut que vous examiniez ce projet indépendamment du contenu concret «pour la vie» qu'il aura à la lumière des paroles adressées par le Christ au jeune homme de l'Evangile.

Il faut aussi que vous repensiez, en l'approfondissant réellement, le sens du baptême et de la confirmation. Il y a dans ces deux sacrements, en effet, le fondement de la vie et de la vocation chrétiennes. C'est à partir deux qu'on est amené à l'Eucharistie, elle qui contient la surabondance des dons sacramentels accordés au chrétien: toute la richesse de l'Eglise se concentre dans ce sacrement de l'amour. Il faut aussi toujours en rapport avec l'Eucharistie réfléchir à la question du sacrement de pénitence, lequel présente une importance irremplaçable pour la formation de la personnalité chrétienne, c'est-à-dire qu'il est, surtout si on y joint la direction spirituelle, une école méthodique de vie intérieure.

Sur tout cela, je m'exprime brièvement, même si chacun des sacrements de l'Eglise présente une relation précise et spécifique avec la jeunesse et avec les jeunes. Je suis certain que ce thème est traité de manière circonstanciée par d'autres, en particulier par les agents pastoraux expressément chargés de collaborer avec la jeunesse.

L'Eglise elle-même comme l'enseigne le Concile Vatican II est «en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain». Toute vocation pour la vie, comme vocation «chrétienne», s'enracine dans la sacramentalité de l'Eglise: elle prend donc forme grâce aux sacrements de notre foi. Ce sont eux qui nous permettent, dès notre jeunesse, d'ouvrir notre «moi» humain à l'action salvifique de Dieu, c'est-à-dire à l'action de la très sainte Trinité. Ils nous permettent de participer à la vie de Dieu, en vivant avec un maximum d'intensité une vie humaine authentique. De cette façon, cette vie humaine acquiert une dimension nouvelle et également son originalité chrétienne: la prise de conscience des exigences proposées à l'homme par l'Evangile est complétée par celle du don qui surpasse toute chose. «Si tu savais le don de Dieu», dit le Christ en parlant avec la Samaritaine.

Extrait de la Lettre apostolique Dilecti Amici à tous les jeunes

Copyright Libreria Editrice Vaticana et www.fr.vocation.com pour la traduction 

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Un apostolat des Légionnaires du Christ et du Mouvement Regnum Christi au service de l'Eglise.