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Dieu ne cesse de faire des miracles !
Evan Lemoine, 28 ans, Louisiane (USA)

 

 

Mon nom est Evan Lemoine et je suis de Baton Rouge en Louisiane (USA). Il y a un peu plus de deux ans, le 15 août 2004, j'ai consacré ma vie au Christ et à son Eglise. En vérité, j'avais entendu son appel depuis que j'étais tout petit. C'est tout juste si je n'avais pas la certitude d'avoir été appelé de toute éternité. Quand j'étais enfant, mes parents s'en référaient toujours aux prêtres de la paroisse pour élaborer les règles de la vie en famille, ils les invitaient en diverses occasions, et invitaient aussi à la maison des missionnaires quand il y en avait à passer. Dans une certaine mesure, le rappel de la présence de Dieu dans ma vie n'était jamais bien loin. En entrant dans le secondaire, comme j'avais déjà pris l'habitude de me confesser, je me souviens que j'avais demandé au Père Jerry Martin, notre curé, si je pouvais le bénir, plutôt que ce soit lui qui me bénisse. Il a ri, m'a donné l'absolution, et m'a laissé lui faire le signe de la croix sur son front. Pour moi, cela me semblait complètement normal.

 

Arrivé en quatrième, je me revois marchant tout simplement à travers la pièce de séjour où mes parents se tenaient assis près de la fenêtre, et leur dire : "Je crois bien que j'aimerais être prêtre", puis j'ai continué ce que je faisais comme si je n'avais rien dit d'important. Ce petit coup de coude en direction de Dieu m'est venu tout simplement et je ne comprenais pas réellement combien grande est la vocation. Ce qui me frappais le plus, ce sont ces prières pendant la messe où l'on prie "pour tous les jeunes que Dieu appelle à la prêtrise et à la vie consacrée, afin qu'ils soient généreux." Je regardais autour de moi, mais aucun des garçons de mon âge ne semblaient même y prêter attention. Je me sentais dépité de devoir prendre la responsabilité si personne d'autre ne le faisait.

 

Au Lycée, dans un cours de religion, je fis un TP sur la possibilité pour les prêtres de se marier, parce que j'étais conscient de vouloir me marier, mais en même temps je ne pouvais me détacher de l'appel que Dieu avait mis dans mon coeur. Je réfléchissais en moi-même sur la façon de tenter de concilier mes plans avec la volonté de Dieu. Par dessus tout, j'estimais qu'il n'était pas juste que Dieu m'appelle si tôt, sans même me laisser l'opportunité de tester mon propre plan pour être heureux.

 

Alors que faire ? Je décidai de chercher sur le champs une épouse. J'étais en terminale, déjà à la recherche d'un amour qui dure toute la vie. Incidemment, j'avais horreur de ces jeux relationnels qui ne mènet à rien et restent superficiels. Je voulais un amour sans limite et je pensais que je pourrais le trouver chez l'une des jeunes filles de ma classe. Mais comme on dit aux USA : "Ne suspendez pas votre chapeau à un crochet qui ne peut en porter le poids." Il n'est personne qui puisse remplir le coeur de l'homme, sinon le Christ. Aucun de nous ne peut y réussir. Aucune épouse ne peut satisfaire totalement son époux. Les époux s'efforcent plutôt de s'aider l'un l'autre pour trouver leur épanouissement en Dieu. J'étais obligé d'admettre que mon existence pour être comblée exigeait une seule raison, un seul amour, une seule intimité parfaite, une seule réponse à l'invitation de Dieu : "Oui".

 

Alors j'ai dit "oui", j'entrerai au séminaire dès que je serai sûr que la jeune fille que je fréquente n'est pas "l'élue attendue". Quand nous nous sommes séparés, il y en avait déjà une autre à laquelle je pensais. En me remémorant les années de mon parcours en collège et lycée, je m'aperçus que n'avais guère été "célibataire" plus d'un mois. Je ne voulais pas donner sa chance à Dieu. Toutes mes bonnes résolutions sur mon entrée au séminaire commencèrent à s'évanouir à mesure que grandissait mon désir sentimental de trouver la "compagne idéale".

 

Mais finalement, c'est en prenant contact avec un Mouvement Apostolique, durant des exercices spirituels, que cet appel a resurgi dans mon coeur. Je n'avais jusqu'à ce jour jamais réellement rencontré le Christ face à face, et j'ai été saisi. J'ai dit au prêtre : "Je crois que Dieu ma appelé, mais j'ai une petite amie et je pense vouloir me marier. Cela signifie-t-il que je doive oublier la vocation ?" Il m'a dit que la première priorité était de découvrir le plan de Dieu sur moi, avant d'essayer de construire ma vie avec quelqu'un et de risquer mon bonheur et le sien. A partir de ce moment, j'ai commencé à rechercher quelle était la volonté de Dieu. J'allais à des séances d'adoration, je lisais des brochures sur la vocation, je posais des questions sur le site "vocation.com", et finalement j'ai participé à New-York à un cours sur le leadership destiné aux jeunes Catholiques (leadership training program, NDLR). C'est là que j'ai appris à prier et que j'ai rencontré pour la première fois le Pape Jean-Paul II dans le cadre des Journées Mondiales de la Jeunesse de Toronto. Les choses devenaient si simples avec lui, il nous montrait que le Christ est réellement le centre de nos vies.

 

De retour de ce cours, ma ferveur et mon zèle apostolique étaient grands. J'ai commencé à travailler dans des "groupes de vie chrétienne", des missions, et diverses activités sous couvert de la paroisse. Mon amour pour le Christ, pour les âmes et pour le Mouvement est devenu peu à peu prépondérant dans ma vie, et je me suis mis à consacrer de plus en plus de temps et d'efforts à la vie de prière et au travail apostolique. J'étais sur le point d'achever ma licence d'anglais et je savais que le moment des choix arrivait. Allais-je continuer à sortir avec des jeunes filles ? Ou bien allais-je donner une chance à Dieu ? Rien de tout cela. On m'a invité à donner une année à l'Eglise en volontariat, et je n'ai pu dire non. Finalement, c'était pour moi l'opportunité de pouvoir travailler à plein temps pour le Christ, sans carrière, sans université et sans engagements sociaux. En même temps, cela me donnait la chance de laisser le Christ me montrer sa volonté.

 

Ayant obtenu ma licence, j'ai annoncé à ma famille et à mes amis que je partais, que je vendais ma voiture, mettais tout mon appartement au garde-meubles et m'engageais dans le cours de préparation  destiné aux volontaires. C'est là que j'ai rencontré Tony MacDonnell, un consacré qui était pour deux semaines en mission à Chicago et qui assistait à la recontre des Familles et des Jeunes. Je fus épaté par son témoignage sur la vie consacrée, ses qualités athlétiques, sa profondeur spirituelle, et surtout par son travail apostolique. Je pensai : "Si c'est cela être un consacré, je veux en être !" Je lui demandai de faire une conférence sur la vie consacrée à tous les volontaires pour que tous l'apprécient autant que je l'avais apprécié moi-même. Mais cette fois encore, tandis que mon coeur s'enflammait pour cette vocation et que je m'imaginais dans cette vie, je m'aperçus qu'autour de moi, aucun de ceux qui étaient là ne semblaient partager le même intérêt. C'était quelque chose de personnel. Dieu m'invitait. Qu'allais-je faire ?

 

J'allai à la chapelle cette nuit là et m'agenouillai devant le tabernacle, et je demandai au Seigneur : "Puis-je réellement envisager cette vie ? Je le désire et en définitive je le veux. Mais cela paraît n'être qu'un fantasme." Et je ne puis expliquer très exactement comment cela est arrivé, mais Dieu m'a délivré de mes peurs et de mes calculs et il m'a donné sa force. Je sentis que je dominais ce qui se passait, et aucune de mes petites inquiétudes n'avait prise sur moi. "Le pourrai-je, Père, réellement ?" "Oui, Evan, tu peux. Je serai ta force." Alors, dès que j'ai pu, je suis allé voir Tony pour lui dire que je voulais être consacré et que je voulais juste savoir "où s'adresser". Je n'avais pas encore démarré mon année de coopération. C'est pourquoi, lorsque j'ai commencé à travailler dans le Michigan, je pensais constamment à ma vie de volontaire comme consacré. Mon costume-cravatte signifiaient quelque chose de plus pour moi.

 

Je ne veux pas dire qu'ensuite tout a été facile. Ce n'était que le début. Il me fallut expliquer à la famille et aux amis. Dire à ma petite amie. Dieu soit éternellement remercié pour leur aide, leurs encouragements, leurs sacrifices et leurs prières. Dans les mois qui ont suivi, grâce à la prière et à la direction spirituelle, j'ai pu non seulement persévérer, mais découvrir brûlant en moi-même chaque jour un feu toujours plus étincellant. Dans mes visites à l'Ecole Apostolique, je me souvenais de la première fois où j'avais entendu cet appel, il y a tant d'années.  J'étais entouré d'hommes jeunes qui voulaient eux aussi donner leur vie au Christ. Je m'imaginais là, enfin dans ma vocation.  Et après tout, je n'avais plus besoin d'imaginer.

 

J'ai achevé ma première année, l'année de formation, et je fais maintenant une Maîtrise en humanités à l'Université d'Anahuac. Dieu a fait des miracles et continue de faire des miracles dans ma vie et dans la vie de tous ceux que je chéris. Et il m'a donné la grâce de commencer mon ciel ici et maintenant.

 

Evan.

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Un apostolat des Légionnaires du Christ et du Mouvement Regnum Christi au service de l'Eglise.